Rapport sur les alternatives à l’usage d'insecticides néonicotinoïdes
L’INRAE a remis à la ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire un rapport sur les alternatives existantes à l’usage des néonicotinoïdes pour protéger les cultures, qu’elles soient chimiques ou non chimiques. Ce travail, qui a mobilisé 16 experts INRAE, a permis l’examen de 6 filières végétales. Il a été accompli à la suite d’une saisine effectuée en mai dernier par la ministre.
La ministre a chargé INRAE d’évaluer les alternatives aux insecticides néonicotinoïdes, afin d’identifier les cas où elles sont insuffisantes et de proposer des pistes d’action.
Le rapport porte sur six filières (noisette, betterave, pommier, cerisier, figuier, navet) et montre que la transition vers des méthodes de protection alternatives est engagée mais incomplète.
INRAE recommande de :
- renforcer la prévention et la lutte biologique,
- améliorer l’épidémiosurveillance,
- adapter la réglementation pour faciliter les pratiques durables,
- développer des assurances contre les pertes de récolte.
Les conclusions s’appuient sur la littérature scientifique, des visites de terrain et des échanges avec les acteurs agricoles.
Usage « pucerons de la betterave »
La jaunisse de la betterave, transmise par les pucerons, cause des pertes variables mais parfois très importantes, comme en 2020. Pour remplacer les néonicotinoïdes, la filière betteravière, avec l’appui de l’INRAE et de l’ITB via le PNRI, explore plusieurs solutions alternatives.
Les principales recommandations sont :
- Renforcer la prophylaxie : élimination des repousses et résidus, meilleure répartition territoriale des cultures, et suivi précis de la mise en œuvre de ces pratiques.
- Développer le biocontrôle : plantes de service, prédateurs naturels, médiateurs chimiques et éventuellement épandage par drones, avec davantage de tests et de références techniques.
- Élargir les variétés résistantes tout en maintenant de bons rendements.
- Mettre en place des assurances pour compenser les pertes liées aux années à forte épidémie.
- Élaborer des stratégies combinées associant plusieurs leviers, testées sur les fermes pilotes du PNRI.
- Améliorer l’épidémiosurveillance pour ajuster les traitements selon le risque réel.
En attendant que ces alternatives soient pleinement opérationnelles, l’usage de deux insecticides existants (Movento et Teppeki) reste nécessaire, avec l’éventuelle arrivée du produit Axalion.
Les experts concluent que seule une approche globale et intégrée (prophylaxie, surveillance, biocontrôle, variétés, chimie raisonnée) permettra de se passer durablement des néonicotinoïdes.
Nous vous invitons à lire le rapport ou la synthèse du rapport.