Agriculteurs multiplicateurs, 70 ans d’innovation !
70 ans d’innovation au service de la production de semences, c’est sous cette thématique que la FNAMS a fêté son anniversaire à Angers le 8 décembre devant une salle comble. Le Maine-et-Loire et ses zones privilégiées comme la vallée de l’Authion, bassin historique de la production de semences, compte 12 600 ha de multiplication de semences pour environ 680 agriculteurs multiplicateurs et une vingtaine d’entreprises semencières. La FNAMS est implantée dans ce département depuis son origine, il était donc naturel d’y célébrer cet évènement.
L’innovation dans la filière semences c’est la recherche de nouvelles variétés bien sûr ! Mais pas seulement… Car pour que ces variétés arrivent sur le marché, il a fallu faire progresser l’activité de multiplication de semences, passer du « jardinage » d’il y a 70 ans à une activité professionnelle, mécanisée, experte. Parfois inventeur, l’agriculteur multiplicateur a su, avec l’appui technique de la FNAMS tirer le meilleur parti du machinisme agricole développé pour les grandes cultures. Récolte, andainage, séchage, désherbage mécanique, autant de thématiques explorées, développées, maîtrisées, et ce pour une palette d’espèces extrêmement large. Car la France c’est un peu le jardin d’Eden de la production de semences avec plus de 150 espèces et des milliers de variétés en multiplication. Demain, comme l’a indiqué dans son discours de clôture Thomas Bourgeois, Président de la FNAMS, « face à la disparition drastique des produits phytosanitaires, il faudra accentuer le levier du triage usine. L’arrivée des trieurs optiques a été considérée comme une innovation de rupture, il faut aller plus loin grâce à l’intelligence artificielle. Certains algorithmes peuvent désormais prédire des caractéristiques physiologiques fines telles que la faculté germinative ». La FNAMS et son laboratoire Labosem ont un projet d’agrandissement en Anjou pour avancer dans ce sens.
Mais ce moment festif ne doit pas masquer les dures réalités du métier d’agriculteur. Baisse des facteurs de production, contexte géopolitique incertain, perspective d’une nouvelle PAC moins protectrice, contraintes règlementaires renforcées, autant de points d’incertitudes qui pèsent sur l’avenir de la filière des semences française.
« Ce n’est pas une ferme, c’est une mémoire, et aujourd’hui c’est à nous de la faire vivre », témoignait Jean-Claude Minière, ancien administrateur, lors de la première table ronde de ce congrès anniversaire consacrée au passage de relais entre générations. Faire vivre les fermes, oui, c’est bien l’ambition des agriculteurs français mais combien de temps nous reste-t-il avant que notre jardin d’Eden ne se transforme en friche ? A l’heure où une nième consultation sur la souveraineté alimentaire est lancée par nos politiques, nous souhaitons rappeler que sans semences et sans paysans, il n’y aura point d’agriculture.
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La FNAMS, 70 ans d’expertise au service des agriculteurs multiplicateurs et de la filière semence.
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